Le secteur des télécommunications
a connu ces dernières années plusieurs
chocs. Le déclin de plusieurs titres de
télécommunications cotés
en bourse a été aggravé par
le prix élevé des licences accordées
aux services mobiles « de la troisième
génération (3G) ». Le marché
mondial des télécommunications était
en effet à la hausse depuis une vingtaine
d’années, période aux cours
de laquelle l’augmentation du nombre de
nouveaux abonnés au téléphone
était nettement supérieure à
la croissance de l’économie mondiale.
Début 2003, plus de la
moitié des pays du monde avaient privatisé
en totalité ou en partie leurs opérateurs
historiques de télécommunication.
Un quart des autres pays (soit 24%) ont conservé
leurs opérateurs historiques publics, mais
ont autorisé la participation du secteur
privé par le biais de l’octroi de
licences à de nouveaux opérateurs
de services fixes, internationaux ou mobiles.
Moins d’un cinquième des pays du
monde ont maintenu leur secteur des télécommunications
sous la tutelle totale de l’Etat.
En Afrique, pourtant région du monde qui
a le moins privatisé, les choses se sont
récemment accélérés.
Une première vague de privatisations importantes
a eu lieu entre 1995 et 1997. Une deuxième
vague est apparue en 2000-2001 lorsque le capital
de quatre nouveaux opérateurs a été
ouvert. A la mi-2003, 17 pays de la région
avaient partiellement privatisé leurs opérateurs
historiques. Bien que d’autres pays africains
envisagent de faire de même, la région
fait face à des difficultés croissantes
dans ses tentatives de privatisation. Le ralentissement
des privatisations d’opérateurs historiques
n’est pas un phénomène absolu.
On assiste depuis peu en Afrique à l’apparition
de nouveaux opérateurs privés actifs
sur le marché du mobile, non pas à
la suite d’une privatisation, mais par le
biais de l’octroi de licences.
La privatisation est à
l’origine de nouvelles relations entre les
pouvoirs publics et les opérateurs de télécommunication.
Il faut maintenant compter avec un nouveau partenaire
: l’actionnaire, dont l’intérêt,
à savoir maximiser ses bénéfices,
a de fortes chances d’être différent
de celui des pouvoirs publics, qui sont plus enclins
à promouvoir l’accès généralisé
aux télécommunications à
des prix abordables.
La concurrence a gagné
du terrain, mais de façon inégale
et la plupart des pays ont conservé le
monopole des services fixes tels que la téléphonie
locale et longue distance. Néanmoins, une
majorité écrasante de pays autorisent
aujourd’hui la concurrence sur les marchés
du mobile et de l’accès à
l’Internet.
L’intensification de la
concurrence s’est également traduite
par une forte augmentation du nombre de compagnies
sur le marché. Dans le secteur du mobile,
on comptait moins de 200 opérateurs dans
le monde en 1992, alors qu’à la fin
de 2002, ils étaient plus de 600. ce triplement
du nombre de concurrents s’explique en partie
par le fait qu’une centaine de pays n’avaient
même pas de réseau mobile en 1992,
alors qu’ils étaient moins d’une
douzaine dans ce cas à la fin de 2002.
Il est en outre à noter que plus d’un
tiers de tous les pays du monde comptaient à
la fin de 2002 au moins trois opérateurs
concurrentiels de téléphonie mobile.
La croissance de l’Internet
s’est faite à un rythme étonnant
: début 2003, la toile comptait selon les
estimations, 580 millions d’utilisateurs
dans le monde. Tous les pays, ou presque, sont
aujourd’hui connectés. Comme pour
le mobile, le taux de croissance de l’Internet
a nettement baissé ces dernières
années (16% en 2002, contre 26% en 2001
et 44% en 2000), fléchissement là
encore probablement lié au phénomène
de saturation de certains pays développés,
où plus de la moitié de la population
adulte se sert en effet de l’Internet.
L’organisation mondiale
du commerce (OMC), organisation intergouvernementale,
a pour objectif de lever les barrières
faisant obstacle au commerce des biens. En 1994,
l’OMC a élargi son mandat au commerce
des services, télécommunications
comprises, au titre de l’Accord général
sur le commerce des services (AGCS) qui venait
d’être négocié. Dans
le courant de cette même année, les
ministres du commerce ont créé un
Groupe de négociation sur les télécommunications
de base (GNTB). En février 1997, les négociations
ont abouti à la création d’un
ensemble d’engagements sur l’accès
au marché pris par 69 Etats Membres de
l’OMC et décrits dans un Protocole
annexé à l’accord AGCS (4è
protocole), habituellement appelé Accord
sur les télécommunications de base
(BTA). Le Protocole est entré en vigueur
l’année suivante.
Depuis lors, les Membres de l’OMC et les
Etats qui y adhèrent continuent à
ajouter des engagements en matière de télécommunications
de base à la liste d’engagements
qu’ils prennent au titre de l’accord
AGCS. A l’heure actuelle, 89 gouvernements
ont souscrit des engagements en matière
de télécommunications au titre de
l’accord AGCS.
A la mi-2003, plus de 70 gouvernements
s’étaient également engagés
à souscrire aux principes de réglementation
définis dans le Document de référence
annexé à la liste d’engagements
à souscrire au titre de l’accord
AGCS.
Partout dans le monde, un grand
nombre de pays ont réformé leur
secteur des télécommunications,
ou sont entrain de le faire, par la révision
de leur législation ou l’adoption
de nouvelles lois, afin de s’adapter à
la mutation rapide de l’environnement des
communications et la création d’un
organisme distinct pour réglementer le
secteur, dans un souci d’équité
et de transparence. Au cours de la dernière
décennie, plus de 150 pays ont adopté
de nouvelles structures législatives dans
le domaine des télécommunications.
A l’heure actuelle, les pouvoirs publics
doivent tenir compte des pressions croissantes
qui s’exercent en faveur d’un changement.
Au cours de l’année
dernière, on a accordé une place
croissante à la protection du consommateur.
En effet c’est le consommateur, après
tout, qui est à l’origine de la demande
du contenu, qui détermine le succès
de tels ou tels applications ou services TIC et,
en dernière analyse, qui décide
du prix qu’il est prêt à payer.
Dans presque 70% des pays du
monde, les régulateurs ont mis en place
des mécanismes de consultation des consommateurs,
dont la création est souvent annoncée
publiquement par l’intermédiaire
de la presse écrite et d’autres moyens
d’information. Les pouvoirs publics peuvent
également œuvrer à renforcer
les associations de consommateurs, qui aident
le particulier à s’informer des droits
qui lui sont conférés par la loi
et à négocier collectivement avec
les opérateurs. A la mi-2003, des associations
de défense des consommateurs des télécommunications
existaient dans moins de 30% des pays. Les régulateurs
devraient être prêts à intervenir
pour le compte des consommateurs au cas où
ces codes ne seraient pas respectés.
Organisation
du secteur
Le secteur
des télécommunications au Sénégal
est constitué des acteurs qui sont :
Le Ministère des Postes, des Télécommunications
et des NTIC
L’Agence de Régulation des
Télécommunications
Les Opérateurs
Les consommateurs.
Le
Ministère a
pour mission :
• le suivi et la coordination de la politique
sectorielle définie par le chef de l’Etat
dans le secteur des télécommunications,
• l’élaboration des textes
législatifs et réglementaires,
• la représentation de l’Etat
auprès des organisations internationales.
Le Ministère assure la
réglementation du secteur.
L’Agence
de Régulation des Télécommunications:
sous l’autorité
du Président de la République, est
chargée de contrôler l’application
de la réglementation et de veiller au respect
des dispositions du code des télécommunications.
L’article 43 de
la loi N°2001-15 du 27 décembre 2001
portant code des télécommunications
définit les missions dévolues à
l’ART.
Différents Opérateurs
évoluent dans le secteur ; il s’agit
de la Sonatel, de sonatel mobiles, de Sentel,
et des fournisseurs de services (services à
valeur ajoutée, accés internet,
services de données…) .
La Sonatel
est l’opérateur historique au Sénégal
qui détenait le monopole sur le fixe, l’international
et les données, jusqu’en juillet
2004. Elle possède des filiales dont Sonatel
Mobiles, Sonatel Multimédia.
Elle a décroché
la première licence globale au Sénégal.
La Sonatel est alors présent sur le mobile
et est aujourd’hui le leader sur le marché
de la téléphonie mobile.
La SENTEL,
est le second opérateur sur le mobile,
elle est présente sur le marché
depuis 1999.
Actuellement avec la libéralisation
et les nouvelles orientations du gouvernement,
l’Etat du Sénégal compte choisir
un troisième opérateur avec une
licence globale (téléphonie fixe,
mobile, et donnée).
Les
Consommateurs
AU NIVEAU
NATIONAL
1) Coordination
Nationale des Associations de Consommateurs
(CONAC) Regroupant l'ADEC, L'ADETELS, l'ASDEC
Tel : 824 80 06
1.1 ADETELS : Association
de Défense de l'Eau, de l'Electricité,
des Télécommunications et des
Services.Parcelle n° 1435 - Usine Niarry
Tally
BP : 12358 Dakar Colobane
Tel : 824 14 24 Fax : 824 14 24
Email : adetels@sentoo.sn
1.2 ASDEC Rue 19 X 26 et
28 Médina (2ème étage
de l'Immeuble Quincaillerie de la Paix)
BP : 12200 Dakar Colobane
tel/Fax : 823 20 01 - 662 59 12
1.3 ADEC S /s SCN 26,28 Rue
Félix Faure Dakar
BP BP:22682 Dakar-Ponty
Tél 823 18 06 - 823 18 07 Fax::823
18 09
Email : adec2_cons@yahoo.fr
1.4 LCES Adresse S/C de CONAC
2) - UNCS
Sicap Amitié I n° 3065
Tel : 823 46 68
Email : uncs1@hotmail.com
4) SOS CONSOMMATEURS
Baie de Hann, Route de Marinas villa n°
X 3
www.geocities.com/sosconsommateurs2002
Fax : 821 23 94
AU NIVEAU
REGIONAL ET INTERNATIONAL
Regioanl Office for Africa
(ROAF) 31A Lincoln Road, Belgrave, Private
Bag A6215 Avodale, Harare, Zimbabwe
Tel : 263 4 302283, 307259/60,3025440 Fax
: 263 4 303092
Email : roafaharae.iafrica.com
Les
chiffres clés
Marché
Opérateur
Statut
Répartition du Capital
Abonnés au 31/12/2004
FIXE
Sonatel
SA
France Télécom
: 42,33% Etat du Sénégal :27,67%
Institutions et Grand public :20%
Salariés et anciens salariés
:10%
244 948
Mobiles
Sonatel Mobiles
SA
Filiale de Sonatel à
100%
781 430
Mobiles
Sentel
SA
Millicom International : 75%
Partenaires locaux : 25%
339 884
Marché
Opérateur
Statut
Répartition du Capital
CA en Mds FCFA au 31/12/2003
Abonnés au 31/12/2003
FIXE
Sonatel
SA
France Télécom
:42,33% Etat du Sénégal :27,67%
Institutions et Grand public :20%
Salariés et anciens salariés
:10%
125
230 000
Mobiles
Sonatel Mobiles
SA
Filiale de Sonatel à
100%
60
575 000
Mobiles
Sentel
SA
Millicom International : 75%
Partenaires locaux : 25%
15
205 000
source: www.art.sn
Les
innovations
La
politique sectorielle
L’Etat
du Sénégal vient de publier sa lettre
de politique sectorielle (janvier 2005)
L’objectif de la LPS est
de présenter les orientations générales
à l’horizon 2008 ainsi que la stratégie
du Gouvernement de la République du Sénégal
dans le secteur des Télécommunications.
La LPS 2004- 2008 intervient 6 ans après
l’ouverture du capital de la Sonatel et
après la libéralisation du service
mobile en 1998. Ces deux événements
ont permis d’enregistrer des résultats
considérables qui sont entre autres :
- une forte progression du
parc des abonnés du service de téléphone
mobile,
- le raccordement d’environ 1000 villages
sur 14 200 que compte le pays au réseau
de téléphone fixe,
- une amélioration significative de la
qualité de service,
- une contribution à hauteur de 6% du
secteur des télécommunications
à la formation du PIB en 2003
- des investissements de plus de 100 milliards
sur les réseaux fixe et mobiles entre
2000 et 2003
- la création de 22 000 emplois indirects
à travers les télécentres,
les cybers et les distributeurs de cartes téléphoniques.
Malgré ces acquis, le
secteur des télécommunications souffre
jusqu’à présent de certaines
lacunes, qui sont en particulier :
- un monopole faiblement régulé,
- une concurrence faible sur le mobile,
- une insuffisance des investissements pour
le financement du service universel,
- une attente qui n’est toujours pas comblée
en terme de création d’emplois
dans le domaine des TICs,
- un taux de pénétration toujours
insuffisant pour tous les segments (Fixe, Mobile,
Internet)
- une absence de régulation effective
pour définir les règles du jeu
entre opérateurs et fournisseurs de services.
Cependant, dans ce contexte de
mondialisation et des multiples défis posés
par la Société de l’Information,
le Gouvernement du Sénégal est convaincu
que, pour faire du pays une vitrine des télécommunications
dans l’espace CEDEAO, il faut installer
en priorité, une concurrence durable et
également déployer rapidement les
meilleures technologies pour l’accès
des populations urbaines et rurales au service
universel.
Pour ce faire, un fonds de développement
du service universel sera mis en place pour appuyer
les investissements en milieu rural.
Le gouvernement veut donc positionner
le Sénégal comme une destination
privilégiée pour les investissements
dans les TICs et renforcer le système productif
et la génération d’emplois.
Les priorités majeures d’ici 2008
sont entre autres :
- de tripler le parc téléphonique
qui va passer de 1 million en 2003 à
plus de 3 millions abonnés en 2008
- accroître la contribution du secteur
dans le PIB,
- d’améliorer sensiblement le taux
de desserte rurale en raccordant 9 500 villages
à l’horizon 2008. Les réseaux
des télécommunications fixe ou
mobile devront couvrir la totalité des
villages centres à l’échéance
2010,
- de démocratiser l’Internet et
le considérer comme partie intégrante
du service universel (téléphone
+ Internet).
Pour atteindre ces objectifs,
le gouvernement a renforcé le dispositif
institutionnel par la création du Ministère
en charge des Télécommunications.
Ce ministère devra assurer la réglementation
dans le secteur des télécommunications
et faire adopter les réformes appropriées.
L’Agence de Régulation
des Télécommunications (ART) quant
à elle, va jouer d’une part, le rôle
d’arbitre et de régulateur et d’autre
part créer les conditions d’une concurrence
dynamique, saine et loyale entre les opérateurs.
L’ouverture des marchés
de télécommunications à la
concurrence implique la fin des droits exclusifs
de la Sonatel. Ainsi l’Etat sera l’ultime
garant des nouvelles règles régissant
le secteur. Et les textes d’applications
du nouveau code des télécommunications
seront adoptés et l’ART procédera
à la mise à niveau de l’ensemble
des questions relatives à l’interconnexion.
Dans le cadre d’une libéralisation
plus accrue du secteur, l’Etat prévoit
dans un premier temps le choix d’un opérateur
qui disposera d’une licence globale lui
permettant d’opérer sur tous les
segments du marché des télécommunications.
Le
service universel
Selon
la LOI N° 2001-15 du 27 décembre
2001, en son article 2: Le service universel
est la « mise à disposition de tous
d’un service minimum consistant en un service
téléphonique d’une qualité
spécifiée à un prix abordable,
ainsi que l’acheminement des appels d’urgence,
la fourniture du service de renseignements et
d’un annuaire d’abonnés, sous
forme imprimée ou électronique et
la desserte du territoire national en cabines
téléphoniques installées
sur le domaine public et ce, dans le respect des
principes d’égalité, de continuité,
d’universalité et d’adaptabilité.
»
La lettre de politique sectorielle
du secteur des télécommunications
prévoit la mise en place d’un fonds
de développement du Service Universel.