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NTICS: Environnement National et International


Au plan national

1. Politique nationale en matière de TIC

 

Depuis l’élection de Maître Abdoulaye Wade à la tête de l’Etat du Sénégal, le 19 mars 2000, les autorités politiques accordent une importance particulière aux Technologies de l' Iinformation et de la Communication (TIC) dans le développement économique et social du Sénégal. Cette option a été réaffirmée lors de la déclaration de politique générale faite devant l’Assemblée Nationale le 20 octobre 2004 par le Premier ministre Macky Sall qui a déclaré à cette occasion que « Le Gouvernement entend faire des Technologies de l'Information et de la Communication un puissant vecteur d'accélération de la croissance économique et de modernisation de notre administration ».

 

Depuis 2000, les mesures légales et institutionnelles suivantes ont été prises:

- Définition d’une stratégie nationale de développement des TIC,
- Adoption d’un nouveau Code des Télécommunications,
- Création de l’Agence de Rrégulation des Télécommunications (ART),
- Création de l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE)
- Création d’un ministère chargé de la promotion des Technologies de l'Information et de la Communication
- Libéralisation totale du secteur des télécommunications

De plus, dans le cadre de la définition de la stratégie de croissance accélérée, les TIC constituent une grappe prioritaire. Par ailleurs, le Programme National de Bonne Gouvernance (PNBG) a identifié les TIC comme un instrument privilégié pour l'amélioration de la productivité du service public, la mise en place des prestations de qualité et l'instauration d'une communication moderne.

 

Globalement, cette politique s’insère dans le cadre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), adopté en 2002, qui se veut une contribution à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui visent à :

- Faire disparaître l’extrême pauvreté et la faim ;
- Garantir à tous une éducation primaire ;
- Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ;
- Réduire la mortalité des enfants ;
- Améliorer la santé maternelle ;
- Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies ;
- Assurer la durabilité des ressources environnementales ;
- Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Les trois objectifs prioritaires du DSRP sont de :

- Doubler le revenu par tête d’ici 2015 dans le cadre d’une croissance forte, équilibrée et mieux répartie ;
- Généraliser l’accès aux services sociaux essentiels en accélérant la mise en place des infrastructures de base pour renforcer le capital humain avant 2010 ;
- Eradiquer toutes les formes d’exclusion et instaurer l’égalité des sexes en particulier dans les niveaux d’enseignement primaire et secondaire d’ici 2015.
- Dans le cadre du DSRP, le développement des technologies de l’Information et de la Communication


2. les Projets NTIC

 

De multiples initiatives sont en cours de projets ou de réalisations pour le développement des TIC aussi bien par le Gouvernement que des autres parties prenantes comme la société civile, le secteur privé et les organisations internationales.
Au niveau du ministère des Postes, Télécommunications et NTIC, deux grands projets sont en cours de réalisation :

 

2.1 Les centres multimédias communautaires

Conçus à la fin des années 90, les Centres Multimédias Communautaires participent des efforts de l’UNESCO pour réduire la fracture numérique et mettre les Technologies de l’Information et de la Communication au service du développement des communautés marginalisées.

 

L’originalité des CMC réside dans le fait qu’ils constituent une plate forme unique qui intègre la radio communautaire et un centre d’accès communautaire qu’i s’appelle télécentre, centre de ressources, cyberespace pour permettre aux communautés démunies de se familiariser avec les TIC et de les utiliser pour résoudre les problèmes auxquels elles sont confrontées.

 

Des expériences menées en Asie et en Afrique et dans les Caraïbes ont permis de démontrer que les CMC pouvaient aider à surmonter les obstacles liés à la faiblesse des infrastructures et des moyens financiers, à la forte prévalence de l’analphabétisme pour permettre à la majorité des populations d’accéder aux TIC et de bénéficier de toutes les opportunités qu’elles offrent. C’est pourquoi, l’UNESCO appuyée par l’Agence Suisse pour le Développement et la Coopération s’est engagée pour diffuser à grande échelle les CMC dans 3 pays : le Mali, le Mozambique et le Sénégal.

 

Au Sénégal, l’affirmation d’une claire volonté politique d’accélérer le développement des TIC et des téléservices en particulier et d’appuyer le développement des radios communautaires, l’existence d’une bonne infrastructure de télécommunication, la présence d’un important et dense réseau d’organisations sociales, professionnelles communautaires sont autant d’atouts pour une implantation à grande échelle des CMC dans notre pays.

 

Le 12 octobre 2004, le gouvernement du Sénégal et l’UNESCO ont signé le Plan d’opération du projet de passage à grande échelle des CMC. Le projet vise à doter le Sénégal d’un réseau de 20 CMC en deux ans et par ce biais de :

- contribuer à réduire la fracture numérique ;
- faciliter l’accès et l’appropriation des TIC par les communautés ;
- contribuer à réduire la pauvreté en permettant aux populations de résoudre les problèmes de développement auxquels elles sont confrontées ;
- renforcer les capacités des populations.

Les possibilités et produits d’un CMC

 

Le CMC est une structure qui combine et articule dans le même espace la radio communautaire et les centres d’accès communautaires à Internet télécentres, centres de ressources, cyberespaces. Il est composé d’une radio, (le plus souvent une « valise-radio »), et d’un cyberespace disposant d’ordinateurs reliés à Internet.

 

En créant une passerelle directe entre la radio, outil de communication de masse et Internet, le CMC facilite l’accès des communautés surtout pauvres et marginalisées aux formidables ressources des technologies de l’information et de la communication. Des domaines tels que : le développement agricole, la santé et VIH/SIDA, l’économie, l’environnement et l’assainissement, les situation des femmes, des jeunes, des personnes handicapées, la gouvernance locale, le patrimoine culturel et artistique seront au centre des activités des CMC.

 

Dans un CMC, la radio communautaire peut aider à initier le grand public aux TIC, offrir un accès indirect de masse aux informations en ligne et de faire participer la communauté, même analphabète à l’accès, à la collecte et aux échanges d’informations.

 

Dans un CMC, les services offerts par le télécentre (navigation, courrier électronique, stockage et traitements de données, production multimédia, etc.) permettent en retour à la radio communautaire d’enrichir le contenu de ses émissions, de diversifier son offre de programme et d’impliquer les populations dans l’animation de la radio.

 

Dans un CMC, des services payants peuvent aider les membres de la communauté à se former, à gérer leurs activités, à trouver de nouveaux débouchés, à mieux rentabiliser leurs activités économiques grâce aux prestations offertes sur place.

 

Les CMC auront donc une fonction de :

- diffusion de l’information
- accès à l’information
- production de contenus adaptés
- prestations de services
- formation des acteurs locaux et des parties prenantes
- mobilisation de ressources
- développement de partenariats.

Implantation et critères de sélection des sites des CMC

 

Tout en cherchant à garder un certain équilibre entre les différentes régions du pays dans l’implantation des CMC, le projet privilégiera les zones rurales et périurbaines les plus affectées par la pauvreté et l’isolement.

 

Les critères suivants seront tenus en ligne de compte pour le choix des sites d’installation des CMC :

- Etre une radio, un télécentre, un centre de ressource TIC ou Centre Culturel Régional, un Centre de Lecture et d’Animation Culturelle, une structure multimédia socioéconomique ou un projet de radio communautaire
- Etre l’émanation d’une organisation, d’une collectivité locale
-Être bien implanté dans la communauté et avoir une capacité de mobilisation communautaire
- Etre porteur de dynamique économique, sociale et culturelle
- Prendre en compte les besoins des femmes et des jeunes
- Etre capable de saisir les besoins des populations en informations et TIC et d’y apporter une réponse
- Etre prêt à assurer la contribution des communautés
- Avoir atteint des résultats conséquents et/ou avoir un potentiel d’évolution
- Etre disposé à fournir une étude de faisabilité technique et économique du CMC.


Les parties prenantes du projet

- L’UNESCO
- Le Gouvernement du Sénégal
- La Coopération Suisse au Sénégal
- Les collectivités locales
- Les organisations communautaires de base, les organisations de la société civile
- Les projets de développement
- Le secteur privé

La mise en œuvre

 

La mise en œuvre du projet de passage à grande échelle des CMC se fera sur une période de deux ans répartie en 3 phases au cours desquelles, les 20 CMC seront progressivement installés.

- La phase I d’une durée de 6 mois devrait enregistrer la mise en place d’au moins 5 CMC
- La phase II d’une durée de 12 mois devrait voir l’installation de 10 CMC
- La phase III d’une durée de 6 mois devrait finir avec la mise en place des 5 CMC restants.

Les organes chargés du management et du suivi

 

Au niveau national :

- Un Comité de coordination,
- Un Comité de pilotage national,
- Un Groupe de travail des partenaires internationaux,
- Une Equipe de projet.

Au niveau local :

- Un Comité de pilotage local,
- Un Comité de gestion du CMC,
- Un Gérant responsable direct du CMC.

L’équipe de projet

 

Coordinatrice
Mme Fatoumata Sow
UNESCO BREDA
Avenue Léopold Sédar Senghor
BP Dakar, Sénégal
Tel : 221. 849 23 23 poste 2449
Cel : 221. 569 69 54
Fax : 221. 82386 22 ou 823 61 75
E.mail : fsow@refer.sn

2.2 Le projet e-School du NEPAD

Le Sénégal a été choisi parmi les 20 pays africains devant bénéficier de la phase pilote du projet « e-Écoles » du NEPAD. Les « e-Écoles » visent à accroître le volume de la connaissance, basée sur des expériences réelles de la réalisation de la technologie de l'information et de communication (TIC) dans les écoles à travers le continent africain. La phase pilote servira à annoncer le déroulement de l'initiative à plus large échelle des «e-Écoles», à recommander des modèles basés sur une expérience réelle et s’établira sur un total de cent (100) « e-Écoles» secondaires et mille (1000) «e-Écoles» primaires sur le continent jusqu'à la fin de 2006.

 

L'initiative des « e-Écoles » du NEPAD est une des plus grandes initiatives de développement technologique que le continent africain n’a jamais connu.

Au plan international

 

Au plan international, le Sénégal est également très engagé dans la promotion de l’utilisation des TIC puisqu’il s’est vu confié la coordination du volet « Technologies de l’information et de la communication » du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) dont l’un des projets vise à la création d’un « cybermarché africain » permettant l’échange électronique de biens et de services.

De plus, le Président Abdoulaye Wade a joué un rôle clé lors du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) où il a proposé, au nom du NEPAD, la création du Fonds de solidarité numérique (FSN) qui a été inauguré le 14 Mars 2005 à Genève.
La coordination du volet NTIC du NEPAD a connu d’importantes avancées aussi bien dans l’organisation du continent à l’instar d' autres régions du monde que dans la participation et le suivi du sommet mondial sur la société de l’information. En effet, le comité ministériel africain chargé du suivi du Sommet a été mis en place depuis Avril 2004. Ce comité, placé sous l’égide de son Excellence la Président de la République du Sénégal, constitue aujourd’hui l’organe de coordination de la stratégie de notre continent dans les négociations internationales visant à combler le gap numérique et à le traduire en perspectives et opportunités. Il œuvre également pour une meilleure intégration régionale et continentale dans le domaine des TIC.
Le Sénégal est membre du groupe de travail des nations unies sur les TIC (UNICTTF) et avait également participé à la DOTFORCE (Digital Opportunities Task Force) du G8.
Les deux dernières rencontres du sommet mondial sur la société de l’information ont permis de confirmer l’unité du continent autour de la Solidarité numérique et du fonds de solidarité numérique.


1. La conférence régionale africaine

 

La conférence régionale africaine préparatoire du SMSI a eu lieu à Accra du 29 Janvier au 4 Février 2005, grâce à l’action de Monsieur Joseph Ndong, Ministre des Postes, Télécommunications et NTIC, a pu faire avancer d’une part l’organisation du comité ministériel africain de suivi du sommet et d’autre part l’adhésion du continent au Fonds de Solidarité Numérique (FSN).

 

Pour ce qui est du comité ministériel africain, il avait été convenu lors de la première rencontre des ministres africains en charge des NTIC à Dakar le 20 Avril 2004, présidé par Son Excellence Monsieur le Président de la République, que la réunion à Accra devrait confirmer la composition du comité ministériel et son calendrier de travail. C’est ainsi qu’à l’issue de deux séances de travail le 1er Février et le 4 Février 2005, les ministres africains en charge des NTIC ont, dans un premier temps, examiné l’organisation du comité et adopté, après discussions, le protocole portant création du comité ministériel africain sur les TIC et une résolution sur le financement de la société de l’information (SI).

 

Le comité est composé de 15 membres dont

- 5 permanents (Sénégal : coordonnateur du volet NTIC du NEPAD, Ghana : pays hôte de la conférence préparatoire régionale, Tunisie : pays hôte du sommet, le Nigeria : Président de l’Union Africaine et le Mali : pays hôte de la première conférence préparatoire et Président du bureau de Bamako)
- et 10 complémentaires à raison de 2 pays par régions :

o Afrique du Sud, Malawi;
o Kenya, Ouganda;
o Congo (Brazaville), Gabon;
o Guinée (Rep), Gambie;
o Egypte, Algérie.

Durant le mandat d’un an accordé au comité,

- le Ghana est Président du comité et porte-parole du groupe africain lors des réunions préparatoires, thématiques et du Sommet,
- Le Sénégal est chargé de défendre et coordonner la position africaine sur les questions du financement de la SI,
- la Tunisie est chargée d’informer régulièrement les gouvernements, la société civile et le secteur privé africains sur l’évolution des préparatifs du Sommet,
- des sessions seront organisées avec le bureau de Bamako pour une meilleure harmonisation des positions du continent.

Ensuite le comité a adopté, en marge de la conférence, un document de plaidoyer de l’Afrique pour la société de l’information intitulé « les engagements d’Accra pour le Sommet de Tunis » ainsi que des résolutions sur les questions importantes listées ci-dessous :

1. La formulation de stratégies en matières de TIC pour réaliser les objectifs fixés par le SMSI,
2. La mise en place des infrastructures sur le continent,
3. La promotion des TIC pour appuyer le développement socio-économique,
4. L’élaboration d’indicateurs pour l’évaluation des résultats obtenus dans le secteur des TIC,
5. Les mécanismes de financement de la société de l’information (SI), le fonds de solidarité numérique.

Enfin, le comité ministériel se réunira le 8 Mai 2005 au Caire, en marge de la conférence arabo-africaine sur le SMSI.
Quelques documents d‘Accra :

• Message de Son Maître Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal, à la conférence régionale d’Accra, lu par Monsieur Joseph Ndong, Ministre des Postes, Télécommunications et NTIC
• Protocole portant création du comité ministériel africain sur les TIC
• Résolution sur le financement de la société de l’information (SI)
• Engagements d’Accra
• Brève présentation du Fonds mondial pour la Solidarité Numérique

2. La PREPCOM 2


La seconde conférence préparatoire (PREPCOM2) du sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) s’est réunie du 17 au 25 Février 2005 à Genève.
La PREPCOM2 portait d’une part sur les questions restées en suspens lors de la première phase du sommet à savoir le financement de la société de l’information (SI) et la gouvernance d’internet et pour lesquelles le sommet avait demandé au Secrétaire Général des nations unies de mettre sur place des groupes de travail. D’autre part la conférence devait se prononcer sur le chapeau politique du document de Tunis ainsi que les modalités relatives à la mise en œuvre du plan d’actions de Genève.

 

Pour ce qui est du financement de la SI, principal sujet de cette rencontre, le rapport du groupe de travail sur les mécanismes de financement (GTMF) a « fait apparaître la complexité des mécanismes existants, privés ou publics, qui assurent le financement des TIC dans les pays en développement. » Il a identifié les domaines dans lesquels les pays en développement et leurs partenaires pour le développement pourraient conférer un rang de priorité plus élevé aux TIC.
Plus généralement, les conclusions du rapport stipulent qu’ils sont en règle générale insuffisants, inadéquats et inopérants pour les besoins d’une société de l’information inclusive.
Donc l’essentiel des discussions a porté sur le Fonds de Ssolidarité Numérique qui a été reconnu comme un mécanisme innovant, ouvert et complémentaire des mécanismes existants.

Le document de consensus présenté par le « groupe des amis du président » a fait l’objet des travaux du Sous Comité2 ; il a été revu en plénière et bien que la totalité du document soit entre crochets, les parties de texte portant la mention "accepté" signalent les éléments sur lesquels le Sous-Comité est parvenu à un consensus. Au cours de la réunion finale du Sous-Comité, il a été décidé que la poursuite des débats sur la main d'oeuvre qualifiée et sur les logiciels serait renvoyée à la réunion PrepCom-3, pour incorporation éventuelle de ces questions dans d'autres parties du ou des document(s) final(s) de la phase de Tunis.

Le paragraphe 27 de ce document traite du Fonds Folidarité Numérique dont la communauté internationale a « accueilli favorablement sa création » et le considère « comme un mécanisme innovant, volontaire et ouvert à toutes les parties prenantes intéressées ».
Le Fonds a été inauguré le 14 Mars 2005 à Genève.
La Prepcom 3 se tiendra à Genève du 19 au 30 Septembre 2005.


 

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